Le Clou épique

Les polars normands "Clou d'éclat à Etretat" et "Yport épique" de Robert Vincent font entendre dans leurs lignes quelques morceaux de musique. Parfois de manière subliminale. Découvrez-les ici.

26 septembre 2008

Quand les deux policiers sortirent, derrière eux, du fond du bar, Shusheela Raman chantait Polnareff :

«  Holidays, oh Holidays, tant de ciel et tant de nuages…»

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07 mai 2008

Message codé

"Étrela pensa que ses collègues devaient bien se bidonner à l'autre bout du micro.

Eh bien, non. L’écouteur à l’oreille, Faidherbe ne riait pas, attentif.

« S’asseoir, tous deux, au bord du flot qui passe » Voilà ce qu’il désirait entendre. C’était un code, le début d’un poème que Grâce travaillait ces derniers jours sur une mélodie de Fauré. Étrela devait le chuchoter à son micro si la jeune femme participait à la réunion clandestine." (Yport épique, Corlet 2008 / Ninon Valin, "Au bord de l'eau", Gabriel Fauré, 1934) 

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Musique des îles... du nord

"Étrela se frotta une oreille encore rouge de la caresse de la nageuse déchaînée. On entendit au même instant un lamento lointain, comme un chant de baleine qu'accompagnaient les coups d'archet du vent passant dans l'encadrement d'une fenêtre mal isolée. Le lieutenant crut reconnaître les mélopées étranges de quelque formation islandaise de sa discothèque. Non, c'était la complainte de la « Belle Vador » au fond des geôles." (Yport épique, Corlet 2008 / Sigur ros, Svefn g englar, live à Philadelphie en 2001)

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Déchaînement techno sur le pont du Vassilissa Olympias

"Le DJ., enfermé à double tour dans sa cabine, le casque vissé sur les oreilles, passait les disques les plus frénétiques de son répertoire techno, les yeux aveuglés de larmes. Un morceau au rythme martial comme une marche funèbre accélérée, frappée de tubes et de carillons psychédéliques, faisait palpiter tous les ponts, la boîte à rythme en concurrence avec la colère d'Odin. C'était la première fois depuis bien longtemps qu'on s'amusait à la folie sur le Vassilissa Olympias. Les stewards se trémoussèrent alors avec les jeunes passagères humidifiées par la pluie qui commençait à tomber. Le commandant vint les rejoindre, aphone mais follement gai lui aussi. Pour une fois, le pire n’était pas arrivé." (Yport épique, Corlet 2008) / Underworld, Born Slippy, live 1999 :

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Etrela s'entraîne avec James Brown

"Dans l'après-midi, après qu'il eut passé une demi-heure sous l'eau à 15 degrés, allongé au fond de sa baignoire, Étrela s'était quant à lui entraîné en élongations diverses et exercices respiratoires sous le regard amusé de son épouse et celui, stupéfait, d'Olga. Accompagné par un concert de James Brown, l'entraînement avait de quoi surprendre. Le policier, en survêtement bleu Schtroumpf, modulait ses gestes au rythme de la soul, chatouillait de ses mains jointes les cristaux du lustre, étirait ses méridiens du poumon et du gros intestin sur le parquet du salon, voltigeait de la barre de porte au plateau du buffet sur lequel il jetait alternativement ses jambes, faisait la planche, le piqué-plongé et la poire en tentant de s'accorder au rythme endiablé du maître américain qui feulait à tue-tête jusqu'au bout de l'appartement." (Yport épique, Corlet 2008)

 

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Les Pogues au "Tous à l'eau" dans "Yport épique"

"De son comptoir, le Polnareff lança alors la musique. Les Pogues investirent alors bientôt tout l'espace sonore du café de leur folklore débridé : un chant de marins irlandais éructé à grand renfort d'accordéons et de banjos sortit amplifié d'enceintes pourtant minuscules." (Yport épique, Corlet 2008 / The Pogues, dirty old town live)

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06 mai 2008

Aga... Aga... Aga....

"Anthelme Marigaux, sortant de sa stupeur admirative, brisa le fil  de ses conjectures

- Ah, non, j’aime mieux celui d’Offenbach ! s'exclama-t-il, et il se mit à fredonner La Belle Hélène d’Offenbach :

- Aga…Aga…Aga…

Faidherbe préféra ne pas attendre la suite et descendit une fois de plus à la cabine téléphonique pour être tranquille." (Yport épique, Corlet 2008)

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05 mai 2008

Les dents de la mer ?

"Il pénétra dans la première salle qui simulait par sa voûte une petite nef de chapelle. On distinguait une niche au fond de la longue pièce étroite où était installé un aquarium. En tapisserie sonore, La Mer de Debussy baignait le lieu d'une ambiance aquatique ad hoc, ponctué de temps en temps par les grincements de phoque de Lorraine qui virevoltait avec sa chaise, suivi d'un aréopage d'invités auquel il commentait les images." (Yport épique, Corlet 2008 / Debussy, La Mer, "Dialogue du vent et de la mer", Orchestre de Paris, Seiji Ozawa)

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'Ti Bob à l'évêché...

Étrela le reconnut. C'était l'abbé Vincœur. Au Havre, on l’appelait Vince. Blouson noir décoré de badges, rouflaquettes jusqu'aux lèvres et reste de banane à la proue d'un crâne déjà bien dégarni. Famille de dockers depuis trois générations. Ancien prêtre-ouvrier au quartier de l'Eure, motard dans les God's Angels et bassiste un temps des légendaires Little Bob Story. Il officiait désormais à l'évêché. (Yport épique, Corlet 2008)

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Danse orientale

"Alors, dans une improvisation aussi inattendue que loufoque, inspirée par la musique orientale qui sortait des enceintes de la salle, Étrela se mit à onduler du corps tout en agitant les bras dans un mouvement serpentesque. C'était une figure apprise avec son épouse dans les séances de danses auxquelles elle l'avait entraîné pour soulager son stress de débutant policier. Il avait parié avec un collègue de l'utiliser un jour dans une mission. Pari gagné." (Yport épique, corlet 2008 / Patrice Leconte, Le Mari de la coiffeuse,1990)

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